| Je vis, je meurs; je me brûle et me noie; | ||
| J'ai chaud extrême en endurant froidure: | ||
| La vie m'est et trop molle* et trop dure. | *sans vigueur | |
| J'ai grands ennuis entremêlés de joie. | ||
| 5 | Tout à un coup je ris et je larmoie,* | *pleure |
| Et en plaisir maint grief* tourment j'endure; | *grave | |
| Mon bien* s'en va, et jamais il ne dure: | *bonheur | |
| Tout en un coup je sèche et je verdoie.* | *deviens verte | |
| Ainsi Amour inconstamment me mène; | ||
| 10 | Et quand je pense avoir plus de douleur, | |
| Sans y penser je me trouve hors de peine. | ||
| Puis, quand je crois ma joie être certaine, | ||
| Et être au haut de mon désiré heur,* | *bonheur | |
| Il me remet en mon premier malheur. | ||
(1555)
Ce sonnet exprime les sensations d'un amour extrême et puissant. Par quels moyens sont exprimés la confusion, le désordre mental et émotionnel? Dans l'ensemble du sonnet rechercher les effets de vocabulaire et de sonorités qui expriment ces sensations. Montrer que la forme du poème rend bien la progression des sentiments et de la passion charnelle.
Premier quatrain: Quelles antithèses contient le premier vers? Montrer que la chaîne d'oppositions qui suit développe et précise le tourment de la narratrice. Quel effet est produit par le premier mot, qui d'ailleurs sera souvent repris dans cette strophe et dans les suivantes. Remarquer la césure au premier vers. Quel en est l'effet? Commenter les sonorités qui expriment la douleur et la souffrance.
Deuxième quatrain: Observer les antithèses, ainsi que les sonorités de la première strophe qui se poursuivent ici. Commenter la métaphore sous-entendue au vers 8.
Premier tercet: Quel nom est donné au sentiment qui tourmente la poétesse? Pensez-vous qu'il s'agisse d'une personne déterminée ou bien de n'importe quel amant en général?
Deuxième tercet: Quel est l'effet du dernier vers? Par quel mot nous ramène-t-il au premier vers du poème?
Peut-on dire que ce sonnet est féministe? Noter le genre des substantifs: "vie," "douleur," "peine," "bien," "Amour," "joie."
Le pronom "je" apparaît treize fois, en plus des pronoms et adjectifs possessifs de la première personne (me, mon, ma). C'est donc bien une lamentation, mais centrée sur elle-même. La femme souffre d'un tourment qui ne peut venir que d'un homme (ou peut-être de plusieurs?)
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