| On voit mourir toute chose animée, | ||
| Lorsque du corps l'âme subtile part; | ||
| Je suis le corps, toi la meilleure part: | ||
| Où es-tu donc, ô âme bien aimée? | ||
| 5 | Ne me laisse pas si longtemps pâmée* | *évanouie |
| Pour me sauver après viendrais trop tard. | ||
| Las! ne mets point ton corps en ce hasard:* | *péril | |
| Rends-lui sa part et moitié estimée. | ||
| Mais fais, ami, que ne soit dangereuse | ||
| 10 | Cette rencontre et revue amoureuse, | |
| L'accompagnant, non de sévérité, | ||
| Non de rigueur, mais de grâce amiable, | ||
| Qui doucement me rende ta beauté, | ||
| Jadis cruelle, à présent favorable. | ||
(1555)
Sonnet de structure toute classique et régulière, avec seulement quelques variations de rythme.
Premier quatrain: L'observation générale sur la vie et la mort est introduite par "on." Cependant elle devient tout à fait personnelle. Par quel moyen l'auteur accomplit-elle cela? L'absence de la personne aimée est comme la mort. Qu'est-ce qui—et qui—est "la meilleure part"? Commenter la périphrase.
Deuxième quatrain: Comment est exprimée la souffrance de l'auteur due à l'absence de la personne aimée? Dans quel sens la pâmoison (perte de connaissance) est-elle comme la mort? La poétesse est-elle la seule à éprouver cet évanouissement? L'aimé risque-t-il aussi la "mort"? Expliquer la périphrase "sa part et moitié estimée."
Les tercets expriment à la fois le désir d'une réunion, d'une rencontre, ainsi qu'une crainte. Quelle est cette crainte? Quel mot indique la raison de cette crainte?
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